vendredi, juillet 21, 2006

de Patrick LR : Réflexion pour moi même et à haute voix.

Réflexion pour moi même et à haute voix.

Pour faire simple : j’ai le sentiment que dans cette période préélectorale, nos réflexions sur le projet, la construction d’une alternative, (notre combativité) sont minées par l’angoisse anticipée du résultat des présidentielles.

Voulons nous simplement gagner les élections (et c’est déjà beaucoup)………

ou proposer un projet de société (et là on nous oppose le réalisme à l’utopie) ?

Une équation à deux développements différents: faut-il réfléchir et argumenter dans l’objectif de battre la droite, n’est pas la même chose que, faut-il réfléchir et argumenter pour construire une alternative durable à gauche…

Encore faudrait- il le reconnaître et l’admettre car cela conduit à deux stratégies, qui, se contredisant, risquent de s’opposer (de nous opposer ? nous le sentons à travers nos échanges. D’où l’intérêt de débattre).

Ce « conflit d’intérêt » n’est pas nouveau à Gauche, mais il engage l’avenir.

Rétrospectivement, il faut admettre qu’on a trop souvent été amené à voter Contre (donc par défaut) alors qu’on aurait souhaité voter Pour. Si la stratégie du vote contre, peut être payante, elle aurait l’avantage de rassembler pour barrer la droite, elle re-nie cependant, ce « sur quoi elle rassemble » (l’essentiel étant de rassembler plus, donc large), elle stérilise les débats (pour rassembler, ne parlons pas de ce qui fâche) et le projet devient juste un alibi, synthèse d’un consensus mou. Dans ce cas, l’alliance est elle durable (nouvelle alternance) et… constructive pour…un désir d’avenir?

Mais, peut-on parier que cette stratégie tiendra la route face au candidat Sarkozy (à la différence, il prône un discours sans consensus, engagé, refuse les compromis – la force avec laquelle il assène ses convictions (au moins lui les affirme) rendent ses thèses finalement séduisantes à plus d’un. C’est un leader, un tribun. Au-delà du contenu c’est le ton ferme qui rassure et séduit d’abord et du coup certains à gauche cherchent à l’imiter, non pas sur le ton, ni forcément la conviction, mais à la remorque, sur ses thèses).

- Peut-on rassembler à gauche, sur une synthèse pavée de bonnes intentions, de généralités?
- Peut-on rassembler à gauche avec un candidat libéral PS et voulons nous ancrer le PS dans le libéralisme?
Si on cherche une réponse à ces questions, loin de nos stratégies internes, c'est hors du PS qu'il faut la trouver.
Confronter à ce non choix, le raz le bol ou plutôt le bon sens du peuple de gauche s’est déjà exprimé sur le sujet, par le message qu’il a donné un certain soir d’avril 2002- (bravant les éléphants) il persiste et signe au soir du référendum de la Constitution Européenne.

Non décidément le petit peuple de gauche ne votera plus par défaut, il ne suivra ni les sondages ni les leaders imposés!
En 2007, il sera trop tard pour le comprendre.

C’est cette interprétation qui me fait croire qu’il y a, place, à un projet alternatif et rassembleur à Gauche. Que « c’est le bon moment », pour ancrer le PS à Gauche. Et tant pis pour ceux qui se précipitent dans des ralliements opportunistes.

Patrick LR

1 Comments:

At 2:04 PM, Anonymous nathanael uhl said...

Evidemment, pour nous, en tant que militants socialistes mais aussi en tant que citoyens confrontés à la réforme Raffarin des retraites, à la réforme Fillon de l'école, au CPE et au CNE, à la chasse aux enfants sans-papiers, il ne peut y avoir d'autre enjeu que battre la droite et l'extrême-droite. Pour avoir participé à la reprise de Vitrolles aux Mégret, je ne sais que trop ce que signifie ce combat.

C'est pourquoi je réfute toujours l'idée que Ségolène Royal soit la candidate la mieux placée pour ce faire. A l'évidence, ce que nous demandent les citoyens, le peuple de gauche, ce n'est pas seulement de battre la droite, ce n'est pas seulement l'alternance. En discutant autour de soi, dans les entreprises, sur les marchés, nous le sentons bien : le chantage à la droite ne suffira pas cette fois. Ce que l'on nous demande, aujourd'hui, c'est de construire une alternative.

Cette alternative, cela tombe bien, c'est l'idée que RM a toujours défendu. Reste que le choix personnel d'Arnaud ne permet pas de la concrétiser. Je vous renvoie à la lecture du blog Désir d'avenir. Sur l'essentiel de nos exigences : sur la République européenne et la renégociation du TCE, sur la 6e républiquement authentiquement parlementaire, sur l'union des forces de gauche, sur les aspects économiques et sociaux, rien ne permet d'esquisser la moindre alternative politique à l'ordre établi.

Thierry Mandon et Arnaud pensent que, étant les premiers à la rallier, nous pourrions peser sur la ligne. C'est juste oublier que, d'ores et déjà, des pointures comme Julien Dray et ses réseaux dont nous connaissons tous la puissance, François Rebsamen, Jean-Marc Ayrault, Gérard Coullomb, ont déjà rallié Ségolène. Et ont vérouillé les espaces de dialogue.

De fait, dans ce contexte, cette alliance ne peut constituer qu'un ralliement.


Envoyé par nathanael uhl

 

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